Des femmes ‘puissantes’ ? Les modalités de l’action féminine au Moyen Âge
Les congrès de la SHMESP
Fondée en 1969, la Société des Historiens Médiévistes de l'Enseignement Supérieur Public (SHMESP) rassemble les enseignant:es-chercheur:es et chercheur:es spécialistes du Moyen Âge exerçant dans les universités et organismes de recherche publics français. Chaque année depuis 1970, la SHMESP organise un congrès qui constitue un rendez-vous majeur de la communauté des médiévistes francophones.
Ces congrès annuels, accueillis par une université différente chaque année, réunissent pendant quatre jours près d'une centaine de participants autour d'une thématique renouvelée qui reflète les questionnements et les renouvellements de la recherche médiévale. Au-delà des communications scientifiques, ces rencontres sont l'occasion d'échanges, de débats et de construction de réseaux de recherche à l'échelle nationale et internationale.
Les actes de ces congrès, publiés dans la collection Histoire ancienne et médiévale aux Éditions de la Sorbonne depuis 1992, constituent depuis plus de cinquante ans une référence incontournable pour la recherche médiévale. Ils offrent, pour chaque thématique abordée, un panorama complet et rigoureux de l'état de la recherche. La liste complète se trouve sur la page des Congrès.
Les volumes des actes sont disponibles en libre accès sur Persée pour les volumes publiés jusqu'en 2007 et sur Open Edition pour les volumes depuis 1992.
Le 57e Congrès à Lille (28-31 mai 2026)
Le 57e Congrès de la SHMESP se tiendra à l'Université de Lille, du 28 au 31 mai 2026, sur le thème : Des femmes ‘puissantes’ ? Les modalités de l’action féminine au Moyen Âge.
En 1992, le volume de L'histoire des femmes en Occident, dirigé par Christiane Klapisch-Zuber, avait largement contribué à offrir « une série d'observations, de méditations sur le personnage 'femme', sans courber l'échine devant un supposé 'mâle Moyen Âge' ». Et tandis que Robert Fossier, à qui l'on doit cette remarque, continuait à opposer frontalement hommes et femmes, Georges Duby lui-même reconnaissait à ces femmes, dont l'historien regrettait de ne pouvoir en saisir que l'image, une « puissance singulière ». Inspirée par cette citation, tout autant que par le titre du roman de Marie NDiaye, primé par le Goncourt en 2009, l'équipe lilloise propose pour le Congrès de 2026 le thème suivant : Des femmes 'puissantes' ? Les modalités de l'action féminine au Moyen Âge.
Dans le sillage de ce renouvellement historiographique amorcé au tournant des années 70 et 80, les médiévistes de l'université de Lille n'ont cessé d'enrichir et de soutenir cette thématique. À la faveur de colloques organisés in situ et dans la région, et des travaux personnels développés par Régine Le Jan, Emmanuelle Santinelli, Jean-Baptiste Santamaria, Christelle Balouzat-Loubet, sans oublier ceux des étudiants en master et en doctorat, l'histoire des femmes s'est enrichie de cette vitalité locale, elle-même inscrite dans un dialogue constant avec nos collègues belges et dans un courant international de longue durée qui éloigne l'histoire des femmes du simple effet de mode et confirme son caractère essentiel dans l'appréhension des sociétés médiévales.
Cette thématique n'a pas seulement vocation à ajouter une nouvelle pièce originale au puzzle de nos rencontres. Cette histoire des femmes, envisagée sous l'angle des modalités de l'action, installe la réflexion dans une volonté de saisir l'agir féminin en contexte, pour ce qu'il est, à distance d'une conception masculine, voire masculiniste qui n'envisagerait la puissance féminine qu'à l'aune des réussites et des manifestations d'autorité.